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Les TIC en France : Une consommation électrique en baisse et un potentiel de réduction de 7% des GES des autres industries
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Cette diminution de la consommation serait le fait d'une amélioration de l'efficacité énergétique de 30% consécutive aux efforts de conception des industriels. Combinée à une utilisation plus judicieuse des TIC par les consommateurs, elle pourrait même contribuer à une réduction encore plus importante, malgré la croissance toujours plus grande du parc d'équipements et l'explosion des usages. Entre 2005 et 2008, la consommation électrique des TIC a cru de 19% alors que le parc d'équipements bondissait de 40% passant de 85,6 millions d'équipements à 120 millions d'unités.
Des progrès chez les industriels pour compenser la croissance du parc
Ces chiffres, ce sont les acteurs des TIC françaises (Alliance TICS, la Fédération Française des Télécoms et la FIEEC) qui les ont présentés en janvier dans le cadre d'une étude menée à bien avec l'Idate, s'appuyant sur d'autres rapports existants. Un deuxième document du Boston Consulting Group (BCG), tente lui de déterminer la réduction de consommation électrique des différents secteurs de l'industrie qu'un usage plus adéquat des TIC en France permettrait.
Pour commencer, et sans surprise, le document sur la consommation globale des TIC française confirme la difficulté d'un tel calcul. L'Idate a donc choisi de décomposer son observation par type de technologie et de service. Il a par ailleurs préféré traiter la période de 2005 à 2008 plutôt que de se contenter d'une photo de la situation à un instant t.
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L'étude rappelle donc quelles «actions menées par l'industrie en coordination avec les instances nationales et européennes » ont permis de réduire l'impact de la croissance du parc d'équipements sur la consommation électrique. Du côté des PC (21,3 millions d'unités en 2005, 25,4 millions en 2008), l'efficacité des alimentations, celle des processeurs ou encore l'optimisation de la connectique ont contribué à rationaliser les équipements. Sur le marché des portables (8,1 millions en 2005, 18,3 millions en 2008), ce sont les utilisateurs qui préfèrent de plus en plus la mobilité à la puissance qui ont poussé les constructeurs à augmenter l'autonomie de leurs machines. Qui plus est, ces machines allégées représenteront dès 2012 80% du marché de renouvellement. Enfin, pour ce qui est des écrans (25 millions en 2005, 28,2 millions en 2008), la passage des modèles cathodiques aux technologies LCD a divisé par deux leur gourmandise (de 128 à 59 kwh/an).
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En toute logique, l'étude rappelle que les serveurs et les datacenters présentent un enjeu majeur pour les entreprises. Entre 2005 et 2008, ils auraient grimpé de 3,6 Twh/an à 5,2 Twh/an (ce chiffrage inclut les imposantes configurations des opérateurs télécoms). Seule une moitié de cette consommation provient de l'installation informatique proprement dite alors que l'autre moitié reste due au seul système de climatisation. La virtualisation et la consolidation qui consistent à regrouper plusieurs applications sur un même serveur volent néanmoins au secours des directions informatiques sommées de justifier leur facture électrique et devraient drastiquement réduire l'appétit des datacenters.
Du côté des télécoms aussi, le progrès est en marche, même si les cycles de mise en place sont plus longs que pour l'informatique, comme le rappelle Julien Salanave, directeur pour l'Idate Télécoms. Les opérateurs comptent pour à peine plus de la moitié des 6,7 Twh/an de l'ensemble de la consommation du secteurs. L'équipement des particuliers pèse lourdement avec des boxes et des décodeurs qui représentent 1,6 Twh/an. L'un des chantiers sur lequel les industriels travaille consiste à implanter une fonction basse consommation dans les boxes enclenchée quand la ligne fixe du consommateur n'est pas utilisée. Il n'est en effet aujourd'hui pas possible d'éteindre sa box sauf à se priver de téléphone. La télévision sur IP vient enfin encore gonfler l'enveloppe globale. Outre les travaux des industriels sur les boxes, la FTTH (Fibre to the home) pourrait aussi contribuer à diminuer la consommation des télécoms côté consommateur.
Un seul coupable dans l'électronique grand public : le téléviseur
Sur 14,6 Twh/an que représentait l'électronique grand public en 2008, pas moins de 10,9 Twh/an étaient engloutis par les écrans de télévision (dont 2 Twh/an pour les écrans à usage professionnel). En 2005, ils n'avalaient que 7,1 Twh/an. Outre la croissance du parc (43,9 millions en 2008 contre 37,6 en 2005), c'est celle de la taille des écrans qui est mise en cause (même si leur efficacité énergétique est supérieure). En moyenne, la puissance d'un écran est passée de 186 watts (pour un CRT) à 262 watts (pour un LCD). Pour réduire l'impact des téléviseurs, les industriels travaillent sur l'optimisation de la consommation en veille et l'amélioration de l'efficacité énergétique en marche. Ils adoptent aussi de nouvelles technologies économes telles que les LED et équipent leurs écrans de détecteurs de présence (Le poste s'éteint si plus personne ne se trouve dans la pièce).
Ainsi, l'Idate conclut sur un scénario de baisse de la consommation électrique globale des TIC françaises dans les années à venir. Mais dans son rapport, le BCG complète en mesurant l'impact positif que pourraient avoir l'utilisation des TIC sur la consommation électrique des autres secteurs de l'industrie. D'ici 2020, il estime que les TIC permettraient de réduire de 32 MtCO2, soit 7%, les émissions françaises de gaz à effet de serre.
61% des gains en France dans les transports
La logistique sera l'une des plus importantes bénéficiaires de l'utilisation des TIC. Selon le BCG, 61% des gains liés à l'utilisation des TIC pour réduire l'émission de GES se situent dans le secteur des transports. Ainsi, dans les transports routiers de personnes et de marchandises, les TIC éroderaient ces émissions de 13%, soit 15Mt CO2. Au programme, l'optimisation des trajets et des distances par la géolocalisation, les péages urbains, l'éco-conduite assistée, les systèmes d'ajustement de l'assurance aux km parcourus ou encore les modèles de location ou de partage de véhicules.
Le deuxième impact le plus fort intéresse bien évidemment l'énergie avec 28% des gains et une réduction de près de 9 Mt des émissions de CO2 pour 2020, soit 16% des rejets de la production électrique nationale. Pour commencer, l'électronique permet par définition de procurer des équipements doués d'une intelligence pour adapter leur consommation aux différentes situations. Ainsi en va-t-il de l'électroménager, des systèmes de chauffage ou de climatisation, des compteurs d'électricité ou d'eau, etc. Ce sont aussi les TIC qui sont à l'origine de l'automatisation des systèmes et de la conception de technologies basse consommation.
Smart grid et recharge intelligente de véhicules
Et l'intelligence embarquée se niche jusque dans les systèmes de recharge des véhicules électriques. Par définition, ces derniers n'émettent pas directement de gaz à effet de serre. Mais en trop grand nombre, ils augmenteraient le besoin en électricité au point de saturer les centrales et de finalement provoquer de nouvelles émissions. D'où l'indispensable développement de systèmes embarqués pour une recharge adaptée de ces véhicules, qui ne démarre qu'en heures creuses, par exemple. Le rapport du BCG estime qu'un véhicule standard consommerait environ 65% d'électricité pour sa recharge en heures de pointe, provoquant ainsi l'émission de 165g de CO2 par km. Une quantité qui tombe à 18g seulement, avec une voiture qui lisserait « intelligemment » sa demande entre le soir et la nuit !
Autre exemple phare, le « smart grid » ou réseau électrique intelligent. Les compteurs dits intelligents, dotés d'électronique embarquée, seront capables de mesurer la consommation mais aussi d'adapter le fonctionnement des appareils dans la maison en fonction du moment et du besoin. Par ailleurs, pour devenir intelligent d'un bout à l'autre, le réseau électrique devra se doter d'interfaces communes entre les réseaux domiciliaires et le réseau de distribution
Dématérialisation, bâtiment, industrie, etc.
La dématérialisation des processus et des documents induisent aussi une consommation électrique allégée. Des systèmes de réunion à distance avec une politique de voyage adaptée réduiraient les déplacements professionnels de 20% et les émissions de CO2 de 0,6 Mt en 2020. Le e-commerce
éviterait 1,3 MtCO2 et le télétravail 1,2 MtCO2. Le rapport du BCG s'appuie sur autant de chiffres encore plus difficiles à vérifier, en particulier avec un horizon à 10 ans, que celui de l'Idate qui se propose de calculer la consommation électrique des TIC. Les implications sur la consommation électrique des activités humaines sont diverses et complexes. Nul doute que les TIC sont un excellent moyen de contrôler cette consommation et les émissions de gaz à effet de serre induites. Mais dans quelles proportions? Laissons l'avenir nous permettre de le vérifier.
Les méthodologies des deux études
* Les chiffres utilisés sont issus de diverses études de cabinets et organismes : IDATE, OCDE, GFK, PAC, IDC, Gartner, etc.
* La consommation des technologies est mesurée dans leur la phase d'usage et non dans la phase de production
* Dans l'étude Idate, 25 segments d'équipements ont été couverts (informatique, télécoms, électronique grand public).















