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Europe Ecologie refond son réseau social pour les Régionales

logo Europe ecologie - © DR
Des sites Web, mais surtout un réseau social. Un réseau social ouvert à la participation de tous les militants mais aussi aux sympathisants et consultable par tous ceux qui le souhaitent.
C'est ainsi qu'Europe Écologie voit désormais la préparation des élections en ligne.



En ce début 2010, le rassemblement Europe Ecologie n'est pas le seul à se préparer aux échéances régionales de mars (l'UMP avec UMPnet ou le PS avec la Coopol). Et la plupart des partis politiques se sont déjà appuyés sur le Web pour militer. Mais le succès du rassemblement au scrutin européen de 2009 avec près de 15% des suffrages doit beaucoup, selon certains observateurs, à l'outil 2.0. Avec d'autres stratégies, comme celle de rassembler des personnalités emblématiques, l'utilisation des Facebook et autres Twitter aurait bel et bien donné un coup de pouce aux écologistes. Alexis Braud, responsable du projet Web, rappelle ainsi que par rapport à la campagne présidentielle de Dominique Voynet, lors de la préparation des Européennes, les Verts ont davantage mis l'accent sur le fait qu'ils étaient aussi sur Internet. Nous l'avons rencontré à l'occasion du lancement du site et du réseau social pour un entretien vidéo avec Cyrille Harnay, responsable des développements chez Alienor.


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Pour Alexis Braud, la mise en place du réseau social n'est qu'un prolongement naturel du mode de fonctionnement des militants écologistes. Selon lui, les informations circulent autant de bas en haut que de haut en bas, et les programmes sont soumis à discussion. Nul doute que si ces pratiques sont effectivement dans les gênes du rassemblement, elles seront mises à l'épreuve du double numérique d'Europe Écologie.

26 sites, un réseau social et des blogs

Pour préparer les Régionales 2010, Europe Ecologie met ainsi les bouchées doubles par rapport aux précédents scrutins. Le site d'information est décliné pour l'occasion en une grappe de 26 sites de facture identique, autant que de régions. De plus, les militants encartés mais aussi les sympathisants du rassemblement pourront participer à un réseau social associé à cet ensemble de sites. Pour participer, les internautes devront avoir signé l'appel national des élections européennes ou l'un des appels du scrutin régional. Ainsi inscrits, ils pourront, s'il le souhaitent, créer des groupes, ouvrir un blog, s'exprimer dans les forums ou enrichir le contenu du réseau, dans cette sorte de Facebook politique. Quant aux électeurs qui ne souhaiteraient pas s'engager ou aux curieux de tous bords, ils pourront, a priori sans s'inscrire, lire tout le contenu publié.

Les adeptes des réseaux sociaux retrouveront vite leurs repères habituels. Chaque utilisateur d'Europe-ecologie.net dispose de sa fiche et de ses amis. Il peut créer des groupes de deux sortes : les comités locaux qui reflètent l'organisation territoriale du réseau et des groupes voués à traiter de sujets de fond transverses. Chaque groupe a son mur et son forum, mais il est aussi possible d'ouvrir des forums thématiques indépendants de ces groupes. Chacun peut enfin disposer d'un ou plusieurs blogs avec une adresse du type nomchoisi.europe-ecologie.net.

Un dispositif qui perdurera au delà des Régionales

Pour mettre en œuvre son projet, le rassemblement a choisi une petite société de service informatique versée dans le logiciel libre et située en Aquitaine. Au vu des besoins énoncés, l'entreprise Alienor a proposé d'utiliser l'outil de CMS (Content Management System) Typo3 d'un côté, pour publier du contenu sur les sites, et le couple WordPress et BuddyPress pour les blogs et le réseau social. La complexité du projet résidait d'une part dans la déclinaison des 26 sites qui devraient alimenter et être alimentés par le site principal, et d'autre part, par l'interfaçage entre les deux environnements choisis. Europe Ecologie voulait un seul et même outil pour la publication et la collaboration.

Par ailleurs, un système d'authentification unique simplifie l'accès à l'ensemble du réseau social et des sites, mais aussi à l'ensemble des informations publiées depuis n'importe quel endroit du dispositif. Enfin, une taxonomie commune aide à retrouver simplement le contenu des sites et du réseau, quel que soit l'endroit où se trouve l'internaute. Le projet a occupé six employés d'Alienor durant cinq mois pour un budget total de 350 000 euros.

A noter que ce qui justifie un tel montant, au delà de la complexité des développements, c'est que cet environnement ne disparaitra pas après le 21 mars. Le dispositif est créé pour perdurer, en particulier jusqu'à l'échéance présidentielle de 2012. « L'outil des élections européennes n'avait justement pas été construit pour 'l'après', déplore Alexis Braud, ce qui nous a conduit à tout reprendre. » Enfin, Europe Ecologie a opté pour du logiciel libre et reversera à la communauté les développements qu'il a demandé à son prestataire Alienor. « Nous sommes pour le développement durable y compris lorsqu'il s'agit de développement informatique, confirme Alexis Braud. »

Être militant, désormais, c'est aussi participer au réseau social

Pour le responsable du projet, l'utilisation du Web 2.0 ne sert pas uniquement à augmenter le nombre d'adhérents, mais constitue aussi un moyen pour les militants de l'écologie de se sentir pris en compte dans ce qu'ils veulent faire. Les publications officielles devraient ainsi côtoyer les contributions des sympathisants et les débats contradictoires. « Être militant ce n'est plus seulement coller des affiches, c'est aussi ça désormais, relève Alexis Braud. Ce sont des outils qui nous aident à changer, à avancer. Cette fois, il s'agit d'utiliser davantage le phénomène des réseaux sociaux et d'ouvrir à un cercle plus large que celui des adhérents. »

Les signataires des appels, potentiels usagers du nouveau systèmes, seraient à ce jour environ 18000, selon le parti. Pour le responsable du projet, les réseaux sociaux sont un prolongement en ligne naturel du comportement des militants d'Europe Ecologie. Ils ont envie de « persuader leurs amis, leurs familles ». Et pour ce faire, ils participeront, espère-t-on au sein du rassemblement, à la production sur le réseau et à l'enrichissement des contenus officiels. Le réseau social est un enrichissement du travail du militant politique qui permet la collaboration, le partage, etc. « C'est aussi pour que tous ces gens rassemblés gardent leur parole propre, quitte à critiquer, ajoute Alexis Braud. »

À ce jour, le « Facebook » d'Europe Ecologie s'alimente très progressivement. Le contenu du précédent système est récupéré. Ce sont pour l'heure les « écologeeks », des adhérents adeptes du web 2.0, chargés d'animer le réseau qui en préparent la montée en puissance pour les semaines à venir. Un ou deux webmestres par région animent l'ensemble des réseaux avec ces quelques 150 écologeeks qui jouent les relais sur Facebook ou Twitter, entre autres.

Pour en savoir plus :
* L'entretien vidéo d'Acidd avec Alexis Braud et Cyrille Harnay

* Le réseau social d'Europe Ecologie

* Quelques groupes et blogs déjà actifs sur le réseau :
Groupe des Landes, Les altermondialistes pour Europe Ecologie,Les sentinelles