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AUDOUIN Alice

Responsable du développement durable, Havas Media France

Voir l'interview - Université d'été 2008

voir l'interview (l'université d'été 2007)

Alice AUDOUIN - © DR
Responsabilités actuelles
En entreprise (à temps partiel)
Responsable du Développement Durable chez Havas Media France.
Membre de l'équipe projet voiture électrique Bolloré-Pininfarina.

Responsabilités antérieures
De mars 2005 à février 2008, créatrice et rédactrice de "2050", la lettre professionnelle d'information sur le thème du développement durable et des médias (18 numéros).

Responsabilités associatives
Membre co-fondateur du Collectif AdWiser
www.adwiser-blog.com
Membre cofondateur de COAL http://coal.blogspirit.com
Membre co-fondateur du Collège des directeurs du développement durable.

Publications
Auteur du livre "Ecolocash, une écologie de circonstance", éditions Anabet, 2007. "Ecolocash" caricature avec humour les débuts du développement durable dans les entreprises, au travers des aventures d’une "ecolo-opportuniste".
Conseillère technique pour l'adaptation du film au cinéma (à la fois scénario et ecoproduction). www.ecolocash.com

Rédactrice du blog « Alice in Warmingland », 63ème blog sur le thème du développement durable.
www.aliceaudouin-blog.com

Contribution Université d'été 2008

J’aimerais ici partager avec vous à cette Université d’été du Luberon, le résultat d’une table ronde que nous avons organisée avec les membres du collectif AdWiser, et qui a inspiré un chapitre du livre que nous allons publier cet automne aux Editions Eyrolles sur le sujet de la communication et du développement durable, dont je suis co-auteur. Nous avons fait l’exercice de nous projeter en 2020 et d’imaginer ce que serait alors le monde de la communication. Nous voulons croire que le développement durable aura gagné du terrain !

Sur le plan économique, le développement durable aura avancé via la réglementation qui se sera durcie. Les produits éco-conçus se seront développés, et bénéficieront d’une bonne image et d’aides financières importantes de la part des pouvoirs publics. L’économie de fonctionnalité se sera développée, on vendra davantage de services et les entreprises intègreront la fin de vie des produits dans leur modèle économique, et la durabilité deviendra un critère de R & D essentiel.
La société civile aura pris conscience des enjeux environnementaux : les effets du réchauffement climatique seront beaucoup plus visibles et le constat de la responsabilité directe des activités humaines sur ce dérèglement global sera partagé. Les consommateurs intègreront des critères éthiques et environnementaux dans leurs modes de consommation puisque l’information « développement durable » sera disponible au moment de l’acte d’achat. Les labels éthiques et environnementaux seront davantage réglementés et leur impact sur les ventes sera probant. Compte tenu de leur expression croissante, les consommateurs, par l’entremise des associations, ONG et autres groupes d’actions (action group), seront davantage écoutés et respectés. Leurs revendications se complexifieront et la notion de qualité, qu’elles défendront davantage, intégrera les critères de développement durable. Le lien entre qualité et prix sera plus conflictuel.
La communication sera encore plus présente.

Malgré cette intensité, elle sera moins subie, moins intrusive. Le Web aura poursuivi sa fulgurante progression. La communication s’appuiera ainsi davantage sur des réseaux sociaux et moins sur des mass media. Le point de vente quant à lui retrouvera sa place dans les plans de communication. La réglementation en matière de communication se sera durcie et le cadre éthique sera mieux respecté. Les pratiques de « greenwashing », telles que nous les connaissons aujourd’hui, se seront ralenties. La frontière entre communication produit et institutionnelle aura disparu. La communication vendra à la fois l’image de responsabilité des entreprises, le produit et l’usage responsable associé (fin de vie, remise en état, valorisation par sa filière de recyclage). Elle n’hésitera pas à positionner le consommateur comme co-responsable de l’impact global du produit. Cette tendance aura d’ailleurs sa facette négative : certaines entreprises, parmi lesquelles les plus polluantes, l’utiliseront pour se dédouaner de leurs responsabilités. Pour étayer leurs discours « responsables », les entreprises rechercheront plus que jamais à mettre en scène des « tiers de confiance », parmi lesquels des experts de grandes institutions internationales, des scientifiques, des représentants d’organismes publics ou d’associations. La question du contrôle des données se trouvera au cœur des débats. L’éthique du Web se mettra progressivement en place.
L’agence deviendra gestionnaire et animatrice de réseaux sociaux, et sera spécialisée par cibles ou secteurs, utilisant principalement le Web. L’atomisation des relai-media posera naturellement des problèmes, tant sur la question de la maîtrise des contenus que sur la gestion « responsable » de ces bases de données de contacts-prescripteurs. Les annonceurs, dans les appels d’offre notamment, intègreront un volet RSE qui influera directement sur le choix de leur conseil. Toutes les agences auront, a minima, cherché à diminuer leurs impacts directs (consommation d’énergie, papier, etc.) et feront régulièrement leur bilan carbone. Le reporting se sera également plus répandu. Les impacts économiques, environnementaux et sociétaux des campagnes seront évalués en amont grâce à de nouveaux outils et process. Les bilans de campagne intègreront également les impacts environnementaux et sociétaux à la mesure de la performance et du ROI, les instituts d’études marketing ayant intégré ces dimensions à leurs offres de service.

En 2020… les agences auront donc fait un pas vers le développement durable, tout en étant confrontées à de nouveaux enjeux. Notre vision peut paraître optimiste, pourtant cette mutation nous semble parfaitement réaliste. Car cette évolution, si elle ne se fait pas sur des motivations citoyennes, se fera quoi qu’il en soit de façon opportuniste et réactive.