Education au développement durable : quel contexte européen ?
L’objectif de la Décennie des Nations Unies pour l'éducation en vue du développement durable (2005-2014, DEDD), pour laquelle l'UNESCO est l'agence chef de file, est d’intégrer les principes, les valeurs et les pratiques du développement durable dans tous les aspects de l’éducation et de l’apprentissage.
Cet effort éducatif encourage les changements de comportement afin de créer un avenir plus viable du point de vue de l’intégrité de l’environnement, de la viabilité économique et d’une société juste pour les générations présentes et futures par la réalisation de 4 objectifs :
- faciliter la constitution de réseaux, l’échange et l’interaction entre les parties prenantes à l’EDD,
- favoriser un accroissement de la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage dans l’EDD,
- aider les pays à atteindre progressivement les objectifs du millénaire pour le développement,
- offrir aux pays de nouvelles possibilités d’incorporer l’EDD à leurs efforts de réforme.
Des mécanismes autres que la législation et les instruments financiers sont de plus en plus intégrés dans le cadre des politiques nationales de développement durable. L'éducation pour le développement durable (EDD) est l’un de ces mécanismes. L’EDD est considéré comme un outil pour les gouvernements pour améliorer la durabilité.
Depuis la Déclaration de Rio, l'éducation à l’environnement, tant dans le secteur formel qu’informel, tend vers l’EDD. Dans quelques pays européens, tel que le Royaume-Uni, il semble que l’EDD soit le point de départ, alors que dans d’autres pays, tels que les Pays-Bas et la Hongrie, l'éducation à l’environnement s’oriente vers l’EDD. Bien qu'il y ait beaucoup de points de vues et approches différents, la tendance émergente en Europe est de voir l’EDD comme un large procédé d'apprentissage de la société.
Il est utile de voir l’EDD comme l'apprentissage vers la durabilité. Ce type d'apprentissage est fourni non seulement par le secteur de l’éducation, mais aussi par d’autres pans de la société. Les gouvernements et les organisations internationales convergent maintenant vers la gestion des connaissances, le soutien et la simulation des activités pyramidales stimulantes en vue de l'apprentissage de la durabilité. D’autres manières non-traditionnelles de considérer d'éducation sont promues.
Voici différentes dimensions de la gestion et les manières dont elles pourraient être appliquées à la question de l'apprentissage de la durabilité:
- Le Marketing : gérer les perceptions des groupes cibles afin de les persuader de changer de comportements afin qu’ils deviennent compatibles avec le développement durable basé sur le calcul individuel des coûts et profits. L’utilisation des techniques marketing pour promouvoir les divers aspects de la durabilité est plutôt récente. Cependant, c’est par la communication permanente de messages qui influencent la perception de consommateurs et le public en général que l'apprentissage plus informel a lieu.
- Le Dialogue : explorer la compréhension commune entre les investisseurs, qui peut conduire à des politiques pyramidales de développement et au co-management dans leur mise en place. La société civile doit jouer un rôle dans la prise de décision et la mise en œuvre des politiques. L'Institut pour la Commission de la Communication Ecologique sur l'Education et la Communication (Utrecht, Pays Bas) développe un programme de formation dans cinq pays d’Europe Centrale. Ce programme vise à gérer la communication afin d'atteindre des objectifs par le dialogue plutôt que par une approche directive.
- L'Education : l’acquisition des connaissances, des techniques, des attitudes et des valeurs qui permettront aux étudiants de mettre en oeuvre les pratiques de durabilité, de prendre des initiatives et d’agir en tant que citoyen. Le monde de l’éducation s’ouvre de plus en plus au monde extérieur, et de cette façon incorpore les nouvelles méthodes d’enseignement. En même temps, les acteurs du monde extérieur (le milieu des affaires, les autorités, les consommateurs) mettent en place de nouveaux procédés d’apprentissage directement reliés au développement durable.
- L’enseignement supérieur et la formation professionnelle : l’acquisition des connaissances, des techniques, des attitudes et valeurs permettront aux (futurs) professionnels de mettre en oeuvre les pratiques de durabilité, de prendre des initiatives et d’agir dans leur milieu professionnel. Cela implique des changements dans l’enseignement supérieur et les programmes de formation professionnelle. Par exemple, dans le milieu de l’architecture ou dans l’ingénierie, la conception « durable » est la tendance actuelle. Dans les facultés de sciences économiques, la durabilité est devenue le nouveau point focal pour la recherche et l'apprentissage.
- Les institutions d’enseignement : changement dans la gestion des entreprises, des institutions et des communautés locales vers la durabilité par la formulation des nouveaux objectifs, par la définition de nouveaux indicateurs, par la planification d’actions, ainsi que par le monitoring et l’évaluation. Ceci induit que les changements dans les programmes et dans les méthodes d’enseignement ne sont pas suffisants. Tout comme les sociétés qui cherchent à intégrer la notion de durabilité dans leurs objectifs, il faut pour atteindre ce but, changer la culture d’entreprise, ainsi que son organisation et ses pratiques. De même, les écoles doivent changer leur culture et leur organisation. Ce raisonnement doit s’appliquer aussi aux communautés locales qui œuvrent pour l’apprentissage de la durabilité.
- La gestion des connaissances : gérer les données et l’information ainsi que les systèmes de connaissances qui soutiennent et stimulent l’apprentissage de la durabilité. Une nouvelle génération de connaissances pour l’enseignement de la durabilité peut naître de voies créatrices et innovantes. La codification est aussi un élément important de la gestion des connaissances. L’internet peut être utilisé aux fins de transmission, mais aussi de création de connaissances par le dialogue entre experts. L’intégration des connaissances dans l’apprentissage de la durabilité dans d’autres disciplines et politiques peut être utilisée afin de transmettre les leçons apprises et afin d’élargir les chances d’apprendre.
Ces dernières années, de nouvelles initiatives dans le domaine de l’apprentissage de la durabilité ont vu le jour. Le moment est venu de rapprocher la gestion des connaissances à la philosophie orientée vers la demande. Une stratégie qui se focalise sur l’information pertinente plutôt que complète sera gagnante. De bons résultats peuvent être atteints en utilisant des procédés pyramidaux, les forces du marché, la créativité des institutions d’enseignement, et les technologies de la communication et de l’information.
Avec la reconnaissance croissante du lien entre les modèles de consommation et la durabilité de l’environnement, un certain nombre de gouvernements européens et plusieurs organisations de consommateurs visent à étendre les politiques et programmes de protection des consommateurs pour englober les problèmes de protection de l’environnement et autres problèmes de consommation durable. L’UNESCO travaille en collaboration avec le PNUE et d’autres partenaires, comme les associations de consommateurs afin d’éduquer et de promouvoir des modes de vie et des comportements de consommation plus respectueux de l’environnement.
Sources :
- UNESCO
- www.decennie-france.fr
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