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TIC : Apports positifs et risques à maîtriser

Apports positifs


Apports directs pour l’environnement
. La vidéoconférence, le télétravail peuvent permettre de diminuer directement les impacts environnementaux de l’activité humaine. Les technologies de l’information permettent l’organisation du co-voiturage, du partage de propriété sur les voitures, rendent pratiques les transports en commun.
. Les outils TIC permettent de simuler, d’analyser, de mieux comprendre les gaspillages. Hiérarchisés, ceux-ci peuvent être traités en priorité. Le succès de Londres sur la circulation routière est clairement lié à une utilisation très intelligente des technologies de l’information.
. L’information environnementale, telle quelle est imposée par la Convention d’Aarhus dont la France est signataire, permet aux populations de mieux comprendre et de prendre des précautions sanitaires simples pour se prémunir de problèmes souvent géographiquement très ciblés. L’information environnementale a par ailleurs toujours amené un progrès démocratique.


Apports pour l’économie
. Il y a d’énormes besoins de compétences pour développer les technologies pouvant contribuer à répondre aux enjeux du développement durable. C’est à travers le développement de compétences (éducation initiale et tout au long de la vie) que la société évolue en profondeur. Ce besoin de compétence se couple au besoin de recherche pour encourager l’innovation en matière de TIC et d’efficacité énergétique au sens large. De nombreux secteurs économiques peuvent en profiter : des modes de transport moins gourmands en carburant, des bâtiments plus efficaces en matière énergétique (eau, carbone) etc. Il est à rappeler que les transports et le bâtiment représentent aujourd’hui plus de 50 % des pollutions.
Les outils de management environnemental permettent d’identifier et de mettre en oeuvre des démarches de progrès importantes. Le rétablissement de boucles courtes, moins impactantes et souvent garantes de lien social, ouvrent des champs considérables en terme d’emploi.


Apport pour l’éducation au développement durable
La complexité des enjeux nécessite une compétence initiale importante et une forte capacité à entrer dans une logique systémique et transparente. Il est important de former, d’apporter de l’information, de mettre en capacité de la traiter. C’est bien une évolution vers un apprentissage critique de la société des savoirs (cf Lisbonne). C’est particulièrement vrai et important pour impliquer les citoyens et faire progresser la notion d’adaptation aux changements climatiques (en cours)Ö Des nouvelles filières sont à créer complémentairement aux stratégies d’atténuation déjà connues.


Apport pour la participation
Toute démarche de développement durable est fondée sur la participation, la gouvernance (‘empowerment’). C’est tout l’enjeu du collectif, du collaboratif. Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, il est envisageable de réellement parler de co-gestion, de co-décision, de co-production. Pour cela, il convient de faire progresser réellement le niveau culturel global, et donc d’éduquer et de former.



Risques à maîtriser



Pression sur l’environnement
Contrairement à l’automobile et à d’autres industries, l’informatique ne s’est pas préoccupée jusqu’à présent de l’impact sur l’environnement de l’ensemble de son activité, de la conception, production, commercialisation, à l’utilisation des produits. Ce problème est crucial du fait de la pression globale grandissante des TIC sur l’environnement.
Les utilisations actuelles des TIC engendrent une augmentation directe du nombre de déplacements, de la production de papier et de carbone, alors qu’elles susceptibles de les réduire.

Quelques chiffres :
- En combinant le nombre croissant d’internautes (qui devrait doubler à peu près tous les 2 ans) et la pression numérique de plus en plus importante de notre quotidien (près de 400 Go de données crées sur internet par seconde dans le monde) par le facteur du coût de gestion des données (le coût de gestion d’un octet- stockage, sécurisation, indexation puis recherche - double chaque année), on projette des coûts énergétiques absolument phénoménaux.
- Pour fabriquer 24 kg de PC, il faut 1,8 tonne de matériaux bruts (UN Report 2003).
- de 300 à 400 millions de PC sont produits chaque année. En 3 ans de durée de vie, chaque PC aura généré environ 0,5 tonne de CO2, 108 kg de déchets et consommera à peu près 10 Giga joules (Digital Europe project FTF 2002).
- La durée de vie d’un PC tend à diminuer pour se rapprocher de 2 ans (Stanford research), du fait notamment de la migration vers Vista.
- Il faudra recycler entre 400 et 500 millions de PC fin 2007 rien que parce qu’ils seront incapables de s’adapter aux nouvelles technologies.
- L’énergie nécessaire pour connecter les 1,6 milliards de nouveaux usagers en 2010 devra tripler (Estmation de Sun Microsystems basée sur les données deeTForecasts, Internet World Stats and Netcraft.com).
- Les nouvelles cartes graphiques supportant les nouvelles versions des jeux comme Far Cry consomment 500 watts.
- Les ordinateurs et téléphones portables utilisent souvent plus de 1000 matériaux, dont des métaux lourds (rares), qui circulent dans le monde entier. Malgré les efforts d’éco-conception de quelques constructeurs, ils génèrent énormément de transports et beaucoup d’emballage. La directive européenne sur les déchets électriques et électroniques, en application depuis le 15 novembre 2006 en France, ne règle pas tout. Elle est même souvent incomprise.


Impacts sanitaires
L’usage des technologies de l’information pose aussi des risques sanitaires d’ordre physiques et psychologiques. Ils sont liés directement au temps passé devant les écrans (concourent directement à l’obésité, mais aussi à des problèmes de vue ou de dos). Il y a un réel risque d’accélération de problèmes comportementaux du fait de l’exposition des enfants qui ne peut être totalement contrôlée à certains sites –violents, pornographiques. Des études sur ce sujet sont à mener, ainsi que la sensibilisation des acteurs de l’éducation, qui par ailleurs se numérise de plus en plus. Un mouvement important dans les populations apparaît, qui met en cause l’infrastructure même des réseaux. Pour limiter les risques de rejets, il est indispensable d’aborder ces questions lors de débats publics, avec la participation de tous les acteurs.