ACIDD Communication pour le développement durableTechnologies de l'information et développement durableEducation critique des enfants à la société de l'information
Accueil / Réseaux et expertise

Du MONCEAU Cédric

1er échevin en charge de l'Urbanisme de la ville d'Ottignies-Louvain-La-Neuve

Directeur général de WWF France

Voir l'interview - Université d'été 2008

 - © DR
Responsabilités actuelles
En janvier 1997, il rejoint le WWF-France et en devient le Directeur Général en 2000. Aujourd’hui il en est l’un des administrateurs. Sous son impulsion, le WWF a pris son envol en France et atteint plus de 130000 membres et un budget annuel de 11 millions d’euros et s'est installé dans un site «le domaine de Longchamp» qui a pour vocation d’être une vitrine du développement durable à Paris.

Responsabilités antérieures
De 1984 à 1990, il travaille comme consultant chez McKinsey & Co.
Il participe au lancement et au rapide développement de la BERD (Banque Européenne de Reconstruction et de Développement) à Londres comme Directeur du Budget et comme Directeur des politiques financières sous l’autorité successive des Présidents Jacques Attali et Jacques de La Rosière.
Il décide ensuite de rejoindre le groupe de distribution GIB, en tant que membre du Conseil d’Administration et du Comité de Stratégie et d’Audit. Par ailleurs, il a fait partie du Conseil d’Administration de la R.T.B.F. (la télévision francophone belge) et plus récemment du Conseil d’Administration de la Poste belge depuis sa transformation en S.A. en 2000.

Autres responsabilités
Les problèmes environnementaux étant maintenant devenus une évidence qui s’impose à tous il cherche aujourd’hui à être utile pour identifier les solutions au quotidien. C’est pourquoi depuis Juillet 2006 il est de retour dans sa Ville natale d’Ottignies-Louvain-la-Neuve où il a été élu 1er échevin en charge de l’urbanisme.


Contribution à l'Université d'été 2008
« Quelle perspective à 10 ans pour communication et développement durable ? »

L’un des changements majeurs de ces dernières années est que l’alerte des dangers environnementaux n’est plus à démontrer. Aujourd’hui la protection de l’environnement est devenue un impératif reconnu par le politique. Son inscription dans la Constitution en fait même un objectif qui s’impose à tous. Malheureusement comme pour les Droits de l’Homme qui sont aussi inscrits dans la Constitution depuis la Révolution, on sait bien que c’est un combat de tous les jours pour les faire respecter !
L’urgence maintenant est « d’innover » et de mettre en place des solutions, pas seulement technologiques mais aussi sociétales, pour donner une réalité au mot « durable ».

En effet « le développement durable » n’a pas de contenu précis, tout au plus nous indique-t-’il que le développement tel que nous l’avons connu « n’est pas durable » ! En cela, c’est un slogan politique qui est très anxiogène puisqu’il n’offre pas de solution mais alerte sur le fait que nous allons « droit dans le mur ».

Force est de constater que la situation globale ne s’améliore pas et que malgré l’humanisme de nos démocraties et le dynamisme du capitalisme, le bilan est alarmant :
- La situation économique de 89 pays dans le monde est pire qu’il y a 40 ans.
- Le rapport entre le pouvoir d’achat du plus pauvre et du plus riche est 1 à 30.
- Le fossé entre riche et pauvre s’élargit ; 356 familles les plus riches du monde ont une fortune globale supérieure aux totaux de 40 % de la population de la planète.
- Un tiers des humains n’a pas accès à l’électricité.
- Les réserves naturelles s’épuisent et le traité de Kyoto n’est toujours pas pleinement respecté.

Le Capitalisme depuis qu’il n’est plus sous tension de performance d’un contre pouvoir qui plaçait théoriquement l’idéal humaniste au plus haut semble remettre en cause de plus en plus les acquis sociaux et au lieu d’engendrer plus de stabilité crée un monde plus instable où le terrorisme se développe.

Parallèlement, internet représente un autre bouleversement (*) qui affecte, lui la vie de chaque individu et de toutes les entreprises. Le commerce et l’esprit d’entreprise ne seront plus jamais ce qu’ils ont été. Le vieil adage, « pour vivre heureux, vivons cachés » n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, les clefs sont; transparence et rapidité. La difficulté de se cacher dans le monde de « l’open source » réduit à la proportion congrue les chances d’y prospérer en cultivant le secret. Comme pour l’entreprise, les mouvements politiques devront en tenir compte. L’ouverture ne pourra plus se limiter à la seule base de « membre de parti ». Dans notre démocratie de la consommation, les maximiseurs de cash-flow et les maximiseurs de voix aux élections sont logés à la même enseigne : trouver une valeur d’usage supérieure et oser l’inconnu.

Il est donc impératif de repenser et de simplifier nos modes de fonctionnement sociétal principalement dans ses composantes structurelles (organisation des différents échelons politiques. Il n'est pas normal qu’à l’heure de l’internet et de l’espace européen nous ayons toujours les structures d’organisation de l’époque napoléonienne où la communication se faisait à cheval !).

Mais aussi contester et adapter les hypothèses de base qui sous-tendent le modèle économique libéral actuel qui repose sur la maximalisation de l’utilisation des ressources (le libre-échange source de richesse des Nations) et non sur la valorisation du bien-être des êtres humains. L’être humain a certes besoin « de liberté » mais aussi de « sécurité ». En cela, il est essentiel de se rappeler la pyramide des besoin de Maslow : Besoins de s’accomplir, besoins d’estime, besoins d’appartenance, besoins de sécurité, besoins physiologiques.
Tout notre modèle Macro et Micro économique repose sur le dogme ; de la spécialisation et de l’échange. La spécialisation des individus, des entreprises (Taylorisme) et des nations qui, s’il y a échange, entraine nécessairement un mieux être individuel et collectif (d’où l’importance de l’OMC !). Or, de mon expérience de vie c’est grace à la diversité et non la spécialisation que la vie prend toute sa saveur et que naît la Sagesse !! Même le fonctionement des éco-systèmes naturels repose sur la diversité. Nos systèmes de fonctionnement feraient mieux de s’inspirer du fonctionnement naturel de la Terre qui depuis des millénaires évolue et s’enrichit grâce à la diversité et non à l’uniformité !!
Autre abérration, notre système de fonctionnement du financement de l’Etat (fiscalité), donc de la gestion du collectif et de la solidarité, repose essentielllement sur la fiscalisation de la « main-d’œuvre » et participe ainsi très largement à la destruction de l’emploi alors que celui-ci est l’un des besoins les plus fondamentaux pour l’être humain. Si on s’inspirait des cycles de vie de la nature, la fiscalité toucherait beaucoup plus lourdement la consommation de matière première que le facteur travail humain dont le cycle de vie est beaucoup plus court.

Du double défi (1)d’une contrainte grandissante du monde « réel » (principalement la rareté des ressources naturelles et la croissance démographique) et (2)d’un accès toujours plus ouvert à l’information et à la connaissance (Internet), est en train de naître un nouveau monde ! dont la crise actuelle -financière, économique et politique (non à l’Europe etc..)- est un signe avant-coureur des prémices du changement !

(*)Lire à ce sujet le livre du publiciste Patrick Willemarck « Innover pour durer –Favoriser l’ex-centricité dans l’entreprise » édition de Boeck