Accueil / Newsletters / Newsletter n°6 - 10-07-08
Aménagement numérique du Territoire : paradoxes, craintes et espoirs
L’OTeN, Observatoire des Territoires Numériques, a pour mission de favoriser le développement numérique des territoires par diverses actions d’accompagnement, d’études, de veille dont la vitrine est un site web, véritable centre de documentation sur l’aménagement numérique des territoires. Emmanuel Vandamme, délégué général de l’OTeN est un observateur privilégié des pratiques territoriales. C’est sans tabou ni langue de bois qu’il répond à nos questions en prenant parfois le contre-pied de l’avis général.
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Les grands enjeux identifiés s’expriment en termes d’urbanisme des services numériques portés par les acteurs publics. L’idée est aujourd’hui de mettre en cohérence les projets.
Autant les régions sont actives en matière d’aménagement numérique, autant l’État est à la traîne. Les Assises du Numérique montrent une volonté d’aller plus loin, de réfléchir mais la chaîne des acteurs publics est grippée. L’enjeu majeur est dans un changement d’optique et d’échelle.
L’aménagement numérique va aussi amener une redéfiniton du rôle et du fonctionnement de la collectivité. Par exemple, le développement durable et l’aménagement numérique sont des sujets cloisonnés et pourtant l’un et l’autre sont intrinsèquement transversaux. L’enjeu en interne c’est donc de mettre du numérique et du développement durable dans toutes les politiques publiques qui se prêtent à ces approches, ce sont de nouveaux prismes par lesquels il faut aborder les sujets. Demain, on ne parlera plus que d’aménagement et de développement, ils seront forcément numériques et durables.
Actuellement la réflexion sur le sujet s’oriente de plus en plus vers l’apport des projets numériques, des infrastructures et investissements en termes de développement durable. Au travers d’IRIS, 12 régions françaises étudient en quoi le développement numérique a un impact sur le développement durable, en quoi il s’inscrit dans une dynamique de développement durable. C’est une question d’actualité activée par le Grenelle.
Le transport durable, tout particulièrement à l’heure de la crise énergétique, est un enjeu majeur. Comment est appréhendé le thème du déplacement dans l’aménagement numérique des territoires ?
Entre autre par la question récurrente du télétravail, mais le chemin est loin d’être accompli. Le principal problème est que toutes les structures ne sont pas prêtes. C’est sans doute une logique qui a de l’avenir devant elle mais qui ne s’organisera pas très facilement même si on observe une relance du sujet.
Par ailleurs, on remarque de plus en plus de téléservices qui permettent d’accéder par exemple aux services administratifs. L’émergence des téléservices permet notamment d'optimiser les déplacements. On peut par exemple imaginer de consulter en ligne un spécialiste sans avoir besoin d’aller jusqu’à l’autre bout du département, ce qui est essentiel pour le monde rural.
La question de la limitation des déplacements se heurte aussi au thème de la mobilité, du lien social, des rencontres. Quand on va à la préfecture, on en profite pour faire un tour à la librairie, il faut réussir à le maintenir. Tous les déplacements ne sont pas négatifs, mais il faut éliminer ceux qui sont inutiles. Il faut avancer prudemment en ayant conscience des impacts physiques de l’aménagement numérique comme sur le haut débit par exemple. Cette course a du sens dans certains lieux, mais si c’est pour reproduire la logique passive de la télévision par exemple, je ne vois pas le retour sur investissement sociétal. Selon moi une France du très haut débit n’est pas forcément la priorité, on ferait bien de se pencher sur les services et leur cohérence territoriale.
Quelles sont les autres interrogations que soulèvent l’aménagement numérique des territoires ?
Par exemple la ville de Rennes s’est acheté une Ile sur Second Life pour figurer son territoire. Si on extrapole à titre d’expérimentation, on se pose la question de l’identité et du rapport avec les autres. Quel lien social virtuel ? Quel sens cela a d’avoir 50 amis sur Internet qui ont eux-mêmes 50 autres amis et ainsi de suite ? A-t-on besoin de montrer cette amitié ? Dans le monde numérique comment mon territoire existe-t-il, quelles en sont les limites ? Les collectivités doivent exister sur le net, le contraire serait handicapant mais jusqu’où faut-il aller ?













