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Accueil / Newsletters / Newsletter n°6 - 10-07-08

Serge Soudoplatoff : « les utopies de l’autogestion manquaient d’outil jusqu’à aujourd’hui »

"Avec Internet Où Allons-Nous ?", c’est la question que nous avons posée à Serge Soudoplatoff, mais c’est aussi le titre d’un livre que ce polytechnicien, chercheur, entrepreneur, touche à tout passionné a publié aux éditions du Pommier.
Extraits choisis d’une conversation téléphonique engagée suite à l’intervention de Serge Soudoplatoff lors des rencontres de "l’Aménagement numérique et développement durable des territoires"

Serge Soudoplatoff - © DR
La fin des relations verticales
On observe une explosion de l’économie de l’immatériel. D’un côté nous avons une économie de la rareté et de l’autre l’économie de l’immatériel qui quand on la partage, se multiplie et s’enrichit. C’est une économie qui ne se traite pas de la même manière. Il faut changer regards et règles. Le citoyen ne veut plus consommer ce qu’on lui donne, il veut participer à la conception. Nous rentrons dans le règne du codesign. Notre société subit une reconfiguration. Les échanges horizontaux ont une plus grande fluidité qu’avant. La hiérarchie est mise à mal. Les modèles Internet sont entrain de déborder sur toutes les activités économiques et humaines. Internet c’est le monde de la collaboration. Quand je ne sais pas, je demande et quand je sais je partage. On constate une polarisation autour de nouvelles communautés d’intérêt. C’est la fin du marketing one to one.

L’outil de l’autogestion

- Le système PROSPER de prêts en est la parfaite illustration. Basé sur le principe des tontines, le site met en relation emprunteurs et financeurs. Les emprunteurs font part de leurs besoins et du taux maximal qu’ils sont prêts à accepter. Les prêteurs précisent leurs capacités de financement et leur taux minimal. Cela permet plus de transparence dans les échanges. En 2007, 650 millions de dollars ont été crédités aux emprunteurs de Prosper ou de systèmes équivalents.
- Dans l’entreprise, les couches de middle-management sont de plus en plus c. Les gens qui sont au contact du terrain ont compris et se mettent en réseau, les supérieurs ne savent plus très bien à quoi se raccrocher. Beaucoup de supérieurs hiérarchiques existaient par la maîtrise de l’information, aujourd’hui elle est partagée. Blondel, le syndicaliste avait déclaré en substance : "si les cadres se suicident, c’est à cause de l’intranet".
(http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39367621,00.htm).
Cela atteste que la hiérarchie tient par la maitrise de l’information.
- Autre exemple, un site Internet américain qui a été monté par les personnels navigants des compagnies aériennes pour s’échanger postes et missions sans l’intervention de la DRH. Idem avec les labels interactifs qui permettent aux internautes de produire les artistes de leur choix. Je rêve que l’on aille vers des modèles comme ceux-ci, avec moins de rigidité, moins de règles, sorte d’autogestion comme on l’a rêvée en mai 1968. L’homme a fabrique l’outil numérique et l’outil change la société, les utopies de l’autogestion manquaient d’outil jusqu’à aujourd’hui.

Les décideurs à la traîne

Ce qui m’inquiète, c’est que les acteurs du monde politique ou et de l’entreprise n’ont pas compris qu’ils ne sont plus dans la même société. Heureusement, la jeune génération est née avec cet outil.
Pour en savoir plus sur la pensée de Serge Soudoplatoff : http://www.almatropie.org/blgg/