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Accueil / Newsletters / Newsletter n°6 - 10-07-08

Rencontres aménagement numérique et développement durable des territoires : ACIDD s’engage aux côtés de la DIACT

Jérôme Coutant est en charge de l’aménagement numérique des territoires à la DIACT. C’est à ses côtés qu’ACIDD travaille à l’organisation des «Rencontres aménagement numérique et développement durable des territoires » : une série de réunions élaborées avec l'appui du Commissariat général au développement durable du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire entre juin et novembre 2008. De nombreux experts sont consultés à l’occasion de ces rendez-vous, et vous trouverez dans cette lettre estivale l’interview de certains ces spécialistes, réunis pour la première fois en juin à Paris. Jérôme Coutant nous explique pourquoi la DIACT a initié cette réflexion.

Coutant Jérôme - © DR
Pourquoi la DIACT a-t-elle voulu ces rencontres ?
La DIACT intervient sur l’aménagement numérique des territoires depuis une dizaine d’années en France, lorsque l’Etat et les collectivités locales se sont préoccupés de mieux répartir les nouveaux services numériques dans les territoires. Une série de décisions publiques à partir du début des années 2000 a permis d’obtenir une couverture de la population proche de 99% sur le haut débit et la téléphonie mobile. C’est un aspect important du développement, puisque cela a permis une quasi-égalité d’accès à ces services de communication qui sont devenus essentiels pour participer à la vie économique et sociale. Pourtant, les responsables publics locaux ne perçoivent pas encore bien le lien entre les TIC et le développement durable. La DIACT, qui est impliquée à la fois sur l’aménagement numérique des territoires et sur le développement durable, a souhaité avec le MEEDDAT et ACIDD croiser les réflexions sur ces deux champs d’actions et proposer un cadrage, des méthodologies et des idées d’actions pour les territoires.

Comment s’organisent ces rencontres ?

Il y a des temps d’auditions d’experts puis de débat autour de leurs présentations dont découleront des propositions d’action et de hiérarchisation. Trois ateliers sont prévus, ils se clôtureront en novembre à l’occasion d’une grande manifestation. Après la phase d’auditions en cours et une phase d’étude complète de tous les travaux du programme TIC21 depuis 4 ans, des séances ouvertes de brainstorming (barcamps) seront proposées en septembre. La phase 4 sera la réalisation d’une synthèse de tous les travaux, pour organiser des propositions. Celles-ci seront portées dans une phase 5, qui sera une rencontre sur l’Aménagement numérique des territoires et le développement durable, organisées à Paris le 6 novembre à la salle Serge Antoine du MEEDAT.
Toutes ces propositions, débattues et hiérarchisées seront portées aux acteurs des territoires : services de l’État, collectivités territoriales, réseaux économiques…

Les déplacements sont un enjeu primordial au regard du développement durable.
Les transports quotidiens de la population active ont un impact important sur l’environnement (plus de 20% des gaz à effet de serre). Or l’augmentation du prix des carburants est en train d’accélérer la prise de conscience que le travail à distance peut être développé dans le secteur public ou privé, ne serait-ce qu’une journée par semaine. Cela aurait déjà un impact important sur les émissions de CO2. Mais encore faut il créer un environnement de travail vraiment adapté et cela passe par des actions relevant de l’aménagement numérique, par exemple par la création d’espaces publics de travail à distance, ou télécentres. En implantant des réseaux très haut débit de façon plus équilibrée sur un territoire, on peut aussi faciliter l’installation des entreprises et réduire certains déplacements du personnel. Il y a de nombreux autres exemples de bonnes pratiques de ce type.

Il existe déjà de nombreuses initiatives sur les territoires pourquoi l’action de l’État est-elle primordiale ?

Compte tenu de la topographie française, 70% du territoire n’est pas rentable pour les opérateurs télécom. Cela veut dire qu’il y a besoin d’une action et d’une contribution publique forte et concertée entre les acteurs publics. Le très haut débit pour tous représenterait un investissement de plusieurs dizaines de milliards d’euros, ce qui est hors de notre portée. L’État doit déjà mettre en place un cadre réglementaire qui permet la mutualisation des investissements, la réutilisation des ouvrages déjà en place ou simplement la pose de fourreaux lors des travaux routiers ou des travaux d’aménagement urbain. Cela réduirait les investissements d’un facteur 3.

Quelles sont à votre avis les priorités d’action ?

Sans préjuger du résultat de ces rencontres, il me semble qu’il faut travailler sur la formation et la sensibilisation des acteurs publics locaux et nationaux et sur les domaines qui vont permettre moins de déplacements, plus de maintien à domicile et en même temps plus de lien social. Les espaces publics numériques, de type télécentres, qui peuvent être combinés avec des relais de services publics sont à mon avis une priorité. C’est un lieu de mutualisation et de lien social. Et il faut naturellement que les infrastructures numériques aillent jusqu’au plus profond des territoires. Le programme gouvernemental très haut-débit doit être pensé dès le départ en termes de déploiement territorial, sorte d’éco-conception, car il sera structurant pour la compétitivité de la France et des territoires.