Florence Durand Tornare : fondatrice de « ville Internet », déléguée du projet Label Ecoles Internet
Le rapport de la mission d'étude e-Educ sur les TICE a été remis à Xavier Darcos le 21 mai 2008 par Jean Mounet, Président de Syntec informatique, auquel elle avait été confiée en janvier dernier.
Cinq propositions sont dès à présent retenues, pour une mise en œuvre dans les écoles et les établissements à partir de la rentrée prochaine http://www.education.gouv.fr/cid21335/technologies.
Le label École Internet est une des initiatives soutenues par Xavier Darcos.
www.ecoles-internet.net
Vous vous préoccupez depuis longtemps d’éducation au développement durable via les TIC et votre site Ville Internet regroupe plus de 500 initiatives sur le sujet. Quels sont selon vous les freins ?
Le fait de considérer l’usage des TIC pour l’éducation comme primordial est évidemment fondamental. La question est : comment l'aborder ?
Dès la fin des années 90, est apparue la nécessité de se préoccuper de la formation à la critique des nouveaux medias et de l’Internet. L’Internet, par sa nature, mélange les rôles d’émetteurs et de récepteurs.
C’est autant un outil de brouillage (Infobésité) que de diffusion. Avant Google, par exemple, il n’y avait aucun moyen de trier l’information. On voyait, en France, des sites qui n’avaient pas de moteurs de recherche, pas de système de repérage chronologique, pas de système de signature, trois éléments fondamentaux pour décrypter l’information. On a alors parlé de la nethiquette (néologisme formé par la contraction d’Internet et Éthique), qui impose la datation, l’identification des sources et la signature de l’information.
Le marché a donc créé des outils qui ont permis de faire ces différentes taches, mais cela reste souvent une production de surface, non professionnelle et non régulée. Les gens responsables, élus, décideurs publics, sont obligés par la loi, à la transparence sur les données publiques en général. Mais il n’existe aucun transposition pour les spécificités des réseaux numériques. Certains sites officiels même ministériels ne donnent toujours pas la date de publication de l’information.
Autre exemple, la question de l’historique dans un wiki. Elle est fondamentale car ce qui est extrêmement intéressant, c’est de voir la progression du texte, de la réflexion d’un projet. Mais c’est complexe et nous-mêmes facilitons parfois et en toute bonne foi une forme de falsification.
Quelle pertinence a la mise en place d’un label Écoles Internet ?
Le vrai sujet et le vrai débat concernent les contenus pédagogiques. Par exemple, quelle méthode doit utiliser un prof de mathématiques qui veut s’aider des TIC ?
Le contenu officiel n’existe pas sur Internet mais, il peut en toute bonne foi interpréter les contenus sans que les méthodes officielles ne soient respectées. Tous ces problèmes de méthodes disparates et de validation des contenus empêchent l’équité de l’apprentissage, d’autant que les systèmes de notation peuvent devenir très complexes.
Le label Écoles Internet permet justement une observation de la réalité des pratiques. C’est un produit d’appel pour que les écoles s’expriment sur ce qu’elles font afin d’aider l’éducation nationale et les collectivités responsables à harmoniser les pratiques mais aussi à en reconnaître les bons usages.
Si ça marche, il est possible que les écoles trouvent là un espace légitime de liberté pour présenter leurs usages, sorte d’observatoire extérieur, indépendant. Cette communication sur les bonnes pratiques pourra aussi inciter les collectivités à mieux soutenir les écoles dans leur utilisation des TIC, les équipements des écoles primaires dépendent en effet des municipalités. Aujourd’hui ils fournissent des équipements sans avoir exactement comment ils sont utilisés.
Le projet École Internet est de l’ordre d’une plateforme d’échange autour des usages de l’Internet dans l’école et un outil de promotion des usages de l’Internet dans le cadre de l’école, un levier pour un accès aux TIC et une appropriation par tous les élèves dans les écoles primaires. Aujourd’hui une trentaine d’écoles ont répondu et mis de l’information en ligne.
À quoi ressemble votre classe idéale ?
L’enjeu n’est pas l’équipement, qui doit se fondre dans la classe.
Il peut y avoir des écrans fixes sur tous les bureaux des élèves, avec une interface graphique simple, Les disques durs, systèmes et logiciels seraient centralisés dans chaque école avec des contenus adaptés et validés par la communauté éducative et l’éducation nationale.
Cela faciliterait la maintenance et limiterait la consommation d’énergie.
Ma classe idéale est ouverte avec des espaces circulaires et des espaces thématiques où les enseignants sont des gens qui apprennent à apprendre dans des logiques de petits groupes autour d’un thème. L’instituteur doit être un guide. Je suis pour travailler à utiliser toutes les compétences des nouveaux outils pour transformer les modèles.
Voir l'interview de Florence Durand-Tornare (Fête de l'Internet, Paris mai 2008)
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