Pierre Perez : Secrétaire Général de la Délégation aux Usages de l’Internet
Pierre Pérez est Secrétaire Général de la Délégation aux usages de l’Internet dont la mission est de proposer les mesures nécessaires à l'amplification du développement de la société de l'information au bénéfice de tous et partout : www.delegation.internet.gouv.fr
Vous êtes partenaire du projet Campus TIC21. Quelle est votre motivation ?
Je rejoins Gilles Berhault sur un constat : l’exigence de prendre en compte l’urgence et l’universalité de l’éducation au développement durable via les TIC. Si nous ne réagissons pas rapidement nous sommes condamnés car les échéances sont courtes. Il faut aller au-delà de la compensation et faire du positif.
C’est une démarche de la dernière chance. Les TIC peuvent nous sauver car elles combinent rapidité et communication afin d’aller plus vite vers de la sensibilisation et la mise en place de solutions.
Nous détruisons tous la planète, c’est donc un sujet universel qui nécessite une généralisation des TIC pour une prise en charge de ces développements nocifs. Les TIC sont un accélérateur.
Quelles sont les urgences ?
Tout d’abord le développement des équipements afin d’accéder à une éducation au développement durable par les TIC. La lutte contre fracture numérique est une priorité pour éduquer.
Parallèlement, il faut inscrire l’éducation au développement durable dans une dimension européenne, en faire une mission d’État car aujourd’hui l’e-Inclusion est surtout portée par l’Europe.
Enfin, il faut s’adresser au plus grand nombre et définir des contenus et des méthodes d’apprentissage car l’éducation nationale est loin d’être la seule à être concernée. Il faut former tout le monde. On ne s’approprie bien les TIC que lorsqu’on est concerné directement, comme par exemple dans le cadre d’une coopération avec des pays africains sur le changement climatique. Cette prise de réalité est beaucoup plus motivante, c’est donc dans cette direction qu’il faut creuser car les TIC permettent ces échanges et facilitent les projets en partenariats. Elles incitent à apprendre dans le cadre d’initiatives concrètes : je pense par exemple à un concours qui a été lancé sur le thème de la protection de la planète et qui invite les participants à faire part de leurs bonnes pratiques, de leurs pratiques innovantes tout en les valorisant à l’aide de fiches descriptives.
L’une des priorités est aussi de former les enfants aux dangers de l’Internet Pour cela, nous avons lancé un site : www.internetsanscrainte.fr.
Des experts nous ont aidé à faire passer le bon message.
Aujourd’hui, nous devons nous intéresser aux adolescents mais comment les toucher ? Quel discours tenir ? Quelle réalité leur apprendre ?
Comment percevez-vous le projet Campus TIC21 ?
Il faut tout d’abord bien identifier cette démarche.
Pour l’instant ce n’est qu’un groupe de travail de défricheurs qui oeuvrent dans le cadre d’une réflexion globale.
La création d’un label Campus TIC21 s’inscrit dans la lignée de projets comme "Internet Sans Crainte" ou le label École Internet. Nous devons aujourd’hui construire le cahier des charges à la fois partenarial et collaboratif. C’est une méthode très intuitive mais qui permet de rassembler et adhérer différentes expériences. Côté contenu : Développement durable et éducation seront associés, à commencer par l’éducation des jeunes Africains, l’éducation à la vie, l’éducation universelle.
On doit reconnaître ce qui va dans ce sens, comme, par exemple, l’école à l’Internet.
En cela, l’Université numérique thématique (UVED) pourrait nous aider à bien formaliser notre projet.
Voir l'interview de Pierre Perez (Fête de l'Internet, Paris, mai 2008)
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