Interview de Nicolas Villa, responsable du Connected Urban Development
Nicolas Villa, responsable du programme Connected Urban Development rappelle les grandes lignes de la démarche.
-N’est-il pas paradoxal de parler ville et développement durable ?
Non, parce que les villes sont les principales émettrices de CO2 et qu’elles permettent de nombreuses initiatives en matière de lutte contre le changement climatique. L’efficacité énergétique s’applique particulièrement dans le cadre des transports et des bâtiments, tout particulièrement lorsque les évolutions technologiques sont portées par une politique volontariste. La durabilité doit certes être abordée sous l’angle environnemental mais aussi socio-économique. L’innovation technologique peut dynamiser l’économie et agir sur l’insertion des publics en difficulté dans le cadre d’une politique volontariste de mutation urbaine.
Pourquoi les villes sont-elles une priorité en matière de développement durable ?
Au regard de plusieurs études (Nations Unies et Metropolis.org), 50% de la population vit aujourd’hui dans les villes et celles-ci sont responsables à 70% des émissions de CO2. Plus inquiétant encore le nombre de villes de plus d’un million d’habitants devrait passer de 200 à 400 en moins de 10 ans. En même temps les villes sont les endroits équipés de l’Internet et du haut-débit, elles offrent donc de nombreuses possibilités d’expérimentation en matière de nouvelles technologies et de réduction de la consommation d’énergie.
Quelles réponses les nouvelles technologies apportent-elles pour le développement durable ?
Les TIC sont certes consommatrices d’énergie mais elles apportent aussi de nombreuses solutions concrètes en matière de bâtiments intelligents ou de transports propres et ces solutions technologiques sont aujourd’hui considérées par les architectes et les urbanistes. Un rapport du WWF et d’Etno ("Saving the planet at the speed of light”) montre que la contribution des nouvelles technologies à la maîtrise de l’énergie permet d'économiser 10 fois plus d’énergie que leur propre fonctionnement n'en réclame. C’est le coeur du sujet de notre programme "Connected Urban Development" (CUD).
Pouvez-vous nous présenter "Connected Urban Development" ?
Connected Urban Development vise à montrer comment réduire les émissions de carbone en introduisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans le fonctionnement des infrastructures urbaines. Le CUD a été initié par Cisco dans le cadre de la démarche « Clinton Global Initiative » qui est consacrée à la réduction des émissions de carbone. 3 premières villes pilotes ont été désignées (San Francisco, Amsterdam, Séoul). Elles ont été choisies car elles avaient programmé d’implanter une nouvelle génération de haut-débit, souffraient les unes et les autres de densité du trafic routier et étaient déjà investies dans des démarches environnementales. 4 nouvelles villes viennent d’intégrer le programme : Lisbonne, Madrid, Hambourg et Birmingham. Cisco soutient le programme en permettant à ces villes de mettre en place des innovations technologiques réductrices d’émissions carbones. Chaque ville développe ses propres initiatives, essentiellement dans les secteurs du bâtiment et du transport. « Le bus connecté » est justement une initiative qui vise à réduire les impacts environnementaux et à favoriser le transport collectif, nous avons aussi conçu des « Petits Centres de Travail » qui visent à favoriser le travail en commun via les nouvelles technologies, tout en évitant les déplacements. Ces innovations sont le fruit d’un partenariat avec le MIT’s Mobile Experience Lab.
Quel type de solutions techniques offre Cisco ? Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?
Cisco participe technologiquement au programme en mettant à disposition toute une série d’outils technologiques comme la Téléprésence qui permet un exercice de vidéo-conférence de très haute qualité, donnant le sentiment de travailler de visu avec les personnes en communication.
|