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LEERS Yves
Consultant développement durable, éco-communication
Voir l'interview (Université d'été 2007)
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Yves Leers Travaille aujourd’hui sur l’intégration du développement durable dans les entreprises et les collectivités et sur l’éco-communication. Anime depuis juin 2008 l’émission de télé « O ma planète », sur France O. Conseiller municipal de Giverny (Eure)
Responsabilités antérieures
Responsable de la communication externe à l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) de 2002 à 2007.
. Pilotage d’opérations de communication et de sensibilisation, notamment les campagnes nationales sur le climat et la prévention des déchets.
. Travaux sur l’éco-communication, la publicité et la sensibilisation environnementale.
. Journaliste spécialisé dans l’environnement, l’énergie et le changement climatique à l’Agence France-Presse (AFP, jusqu’en 1999). Auparavant correspondant de l’AFP à Alger. Rédacteur en chef (1999-2002) des revues professionnelles Hydroplus et Airplus, sur la gestion de l’eau et la qualité de l’air.
Contribution
Quels sont les ingrédients d’une campagne d’intérêt général réussie ? L’exemple de la campagne de l’ADEME "Faisons vite, ça chauffe", lancée en mai 2004 pour 3 ans :
- Etre convaincu du bien-fondé de ce qu’on va défendre, ce qui est totalement le cas pour l’ADEME. Si on n’économise pas l’énergie, on va dans le mur avec un plus : la menace du changement climatique.
- Ne pas confondre campagne de pub et campagne de com
- Essaimer : que le budget soit confortable ou non, il faut développer les partenariats à tous les niveaux (Club Planète gagnante). Des associations et des entreprises qui se saisissent du message et se l’approprient : la démultiplication est assurée.
- Jouer la proximité : les spots ont été tournés avec de "vrais gens" dans le style micro-trottoir. Un concept créatif auquel le public a largement adhéré.
- L’imagination. Exemple : le "Défi pour la Terre” qui est beaucoup plus qu’un outil de communication et qui vise des publics très différents. Le Défi permet une plus grande implication, sachant que le passage à l’acte est toujours ce qui pose le plus de problème.
- Persévérer : la campagne "Faisons vite …" est prévue sur trois ans, alors que depuis la "chasse au gaspi" ou "on n’a pas de pétrole, mais on a des idées", les campagnes étaient cycliques en fonction des pics des cours du pétrole.
- Sensibiliser, avertir sans jouer sur le registre de la culpabilisation. Il s’agit de responsabiliser et pas de donner des leçons de morale!
- Inciter : Les incitations fiscales sont bien sûr un atout de taille. Le crédit d’impôt à 40% pour les chauffe-eau solaires et à 25% pour les matériels performants joue un rôle déterminant.
- Des relations presse fortes et continues avec des porte-parole compétents et convaincus .
- Et bien sûr une bonne agence, qui fasse preuve de créativité et qui comprenne tout le sens de la démarche, l’anticipe.
- La prochaine campagne n’est pas plus simple : la prévention de déchets. Il s’agit de faire comprendre qu’il faut que nous produisions moins de déchets. Pourtant, là aussi, le citoyen-consommateur peut agir au quotidien et la démarche d’éco-conception peut aider grandement.
- Bilans? Savoir rester modeste. On est sur le long terme, sur des changements de comportements donc de mentalité. Mais le premier bilan d’un an de campagne a montré que 86% des personnes qui avaient vu les spots télé se sont dits sensibilisés aux économies d’énergie et que 54% d’entre eux avaient modifié au moins un de leurs comportements. Et la vente de chauffe-eau solaires a progressé de 75% lors du premier semestre 2005 par rapport au premier semestre 2004.
- Il ne reste qu’à continuer : un pétrole durablement cher ne fait que renforcer la nécessité de sensibiliser davantage nos concitoyens aux économies d’énergie!













